Philippe n'est pas membre de l'Arche, ni de Children Rescue. Pour le vérifier, il n'y a rien de plus simple: il suffit de consulter les statuts des deux associations et l'ordre de mission qui mandatait mon mari. Il a agit en sa qualité de médecin. Si l'on continue à entretenir l'ambiguïté à son propos, si c'est écrit partout, c'est parce que c'est plus sensationnel… Il y avait deux camps différents. Philippe était au camp n°2, à Abéché. C'est dans le camp n°1, à la frontière avec le Soudan, qu'avait lieu le tri des enfants, qu'ont été discutées les conditions de leur transfert avec les chefs de tribu. Mon mari n'y a pas participé. Et dans la lettre qu'il m'a fait parvenir, il me dit qu'il s'est contenté de soigner ces enfants, mais qu'il s'occupait aussi de la population locale, des membres d'autres ONG, des gendarmes... Je ne suis en contact avec lui qu'à travers le courrier. Dans sa dernière lettre, il m'écrit qu'il ne comprend pas ce qu'il fait là-bas, qu'il est "si injustement emprisonné". "Je n'ai pas à rougir de mon comportement, ce que j'ai fait est juste", me dit-il. Il confirme qu'il n'a eu aucune responsabilité décisionnelle dans toute cette affaire, qu'il n'a fait que son métier de médecin. Il n'a rien à faire en prison. Et moi, j'avais peur, pour sa vie. Mais jamais on n'aurait pensé que ça se terminerait ainsi. Je ne peux être que négative: ma vie est brisée!


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