Notre pauvre jeune confrère a visiblement été victime de son grand coeur, et même si on ne peut guère juger sur le fond dans une affaire déformée et relayée par les média, il est évident qu'il n'avait personnellment rien à gagner dans cette aventure.
La convention avec le Tchad a été signée en considérant que la justice de ce pays était aussi élaborée que la nôtre et toute l'erreur est là!...Car il n'y a pas eu de procès, en particulier pour Philippe, et la cause était entendue avant son ouverture. Il s'agissait d'un problème de politique intérieur tchadienne, et le tyran local avait un message à faire passer.
Dans ces conditions, les accusés doivent être remis en liberté sous contrôle judiciaire, et un nouveau procès doit être organisé en France, apportant toutes les garanties à chacun des accusés, même s'il faut remettre en cause cette soi-disant convention, qui n'est qu'un marché de dupes! Peut on obliger un pays démocratique à appliquer une peine infligée par un tribunal qu'on pourrait seulement juger ridicule s'il n'était pas à l'origine d'une faute aussi dramatique...
Courage. Je suis certain que Nicolas Sarkozy fera ce qu'il faut pour sortir de cette situation ceux qui sont innocents. Mais sans doute faut-il tenir compte des conditions locales et ne pas espérer une issue favorable, au moins pour Philippe, avant plusieurs mois de tractations souterraines. Car il faut surtout que le peuple Tchadien ne perde pas la face. Ils ont déjà un vieux complexe colonial, comme beaucoup d'Africains, alors il ne s'agit pas d'avoir l'air de les prendre pour des sauvages. C'est en réalité le fond du problème, et Nicolas sarkozy a été bien maladroit de prétendre qu'il les ramènerait en France, quoiqu'ils aient fait, sous entendant ainsi qu'il n'allait pas se faire dicter une loi par des "nègres"...
Il est temps d'être ferme sans être méprisant, et d'appliquer à chacun la peine qui lui convient, c'est à dire dans le cas de Philippe des félicitations pour son engagement et son courage.