Je ne connaissais pas beaucoup Philippe avant de partir au Tchad mais j'ai appris à l'apprécier durant toute cette mission et encore après dans l'épreuve de la détention. Philippe est quelqu'un d'une humanité et d'une gentillesse rare. Il avait un contact extraordinaire avec les enfants et je peux témoigner qu'il a fait là-bas son travail de médecin, tout son travail, rien que son travail. Il était parti là-bas pour venir en aide aux enfants orphelins du Darfour, révolté par l'hypocrisie et l'indifférence qui entourent ce conflit. Pas une seconde je n'ai douté de la sincérité de sa démarche et je n'en doute pas plus aujourd'hui, comme je ne doute pas de celle des autres, incarcérés avec lui au Tchad. J'ai eu la chance de sortir avant eux mais je ne les oublie pas. Des erreurs ont été commises, ils ont aussi été abusés mais je pense toujours que leur action était légitime. Sincèrement.
Marie-Agnès Pèleran, journaliste