Articles

Fermer 0 - Actualités

Fermer 1 - Philippe par Tonia son épouse

Fermer 2 - La vie du docteur Van Winkelberg

Fermer 3 - Sa mission au Tchad

Fermer 4 - Le comité de soutien de Castellane

Fermer 5 - Les actions du comité de soutien

Fermer 7 - Témoignages

Fermer 8 - Avec nos parlementaires

Fermer 9 - Lettre de Philippe

Fermer ARCHIVES

Fermer Convention judiciaire du 6 mars 1976 entre la France et le Tchad

Fermer PHOTOS

Fermer Photos de samedi 24/11/2007

Fermer Remerciements

Fermer Revue de Presse

Fermer VIDEOS

Contact
Nous écrire: .
7 - Témoignages - Didier Crocitti

A Philippe,

Quand reverrai-je, hélas, de mon petit village

Fumer la cheminée, et en quelle saison

Reverrai-je le clos de ma pauvre maison,

Qui m’est une province, et beaucoup davantage 

Ces quelques vers que j’entends à la radio, prennent au regard de l’actualité une tournure nouvelle. Du Bellay les avait écrits au cours d’un voyage en Italie qu’il vécut comme un exil. Comment ne pas penser à toi, Philippe, détenu depuis 21 jours au Tchad, accusé des pires atrocités ? Quelles peuvent être tes pensées, loin des tiens, de ton village, de ta maison… Comment pourrais-tu avoir le moral alors que nous-mêmes, en pensant à toi nous ne l’avons pas ? Est-ce humainement possible de tenir bon dans de telles conditions : 13 jours de détention sans pouvoir te défendre, sans pouvoir communiquer, sans même avoir le droit de voir un avocat. Et comme si cela ne suffisait pas, te voilà livré à la vindicte publique, instrument d’un jeu politique et diplomatique qui te dépasse.  La demande de mise en liberté vient d’être rejetée.  A vrai dire ce n’est pas une surprise. Que devons nous faire ? Nous laisser gagner par la résignation et espérer une justice clémente à ton encontre, de la part des autorités tchadiennes ? Les manifestations anti-françaises qui se multiplient à N’Djamena  ne laissent pas augurer une justice dans ce sens. Puis-je compter sur une justice tchadienne qui fasse la part des choses entre les responsables de l’association et toi qui n’es  parti qu’en qualité de médecin pour apporter des soins et sauver des enfants ? Le climat ambiant dans la capitale tchadienne ne va pas dans ce sens non plus. De toute façon,  je ne peux me résoudre à l’idée que toi Philippe tu ne sois pas complètement innocent dans cette affaire. Je n’en doute pas l’ombre d’un instant. Alors, la justice c’est ton retour chez toi car on ne juge pas les innocents. Il ne nous reste donc qu’une solution, nous battre jour après jour sans relâche jusqu’à ton retour, qui malheureusement me paraît bien lointain. Pour conclure je vous livre ces quelques vers de Du Bellay (encore lui !) :

France, mère des arts, des armes et des lois,

Tu m’as nourri longtemps du lait de ta mamelle :

Ores, comme un agneau qui sa nourrice appelle,

Je remplis de ton nom les antres et les bois.

 

Si tu m’as pour enfant avoué quelquefois,

Que ne me réponds-tu maintenant, ô cruelle ?

France, France, réponds à ma triste querelle.

Mais nul, sinon Écho, ne répond à ma  voix.

 

Entre les loups cruels j’erre parmi la plaine,

Je sens venir l’hiver, de qui la froide haleine

D’une tremblante horreur fait hérisser ma peau.

 

Las, tes autres agneaux n’ont faute de pâture,

Ils ne craignent le loup, le vent ni la froidure :

Si ne suis-je pourtant le pire du troupeau.                                                                         C.D


Date de création : 14/11/2007 @ 21:16
Dernière modification : 14/11/2007 @ 21:16
Catégorie : 7 - Témoignages


Prévisualiser Prévisualiser     Imprimer l'article Imprimer l'article

 
N'oublions pas !
Philippe a été détenu pendant 158 jours.
Rédacteur


Nombre de membres3 rédacteurs
Rédacteur en ligne : 0
Visites

   visiteurs

   visiteurs en ligne

^ Haut ^