Chers amis, à tous ceux qui restent présents ici….
Il y a 2 ans j’étais arrêté au Tchad, après ce qui était pour moi une mission humanitaire, accusé des pires crimes, humilié et incompris.
De retour en France, après un procès rocambolesque où j’ai été condamné avec les autres prévenus à 8 ans de travaux forcés et à 6.3 millions d’euros de dommages et intérêts, ma condamnation a été requalifiée dans mon pays à 8 ans de prison.
Depuis janvier 2008, j’ai été mis en examen par la justice française pour les mêmes chefs d’accusation que les membres de l’Arche de Zoé : Tentative d’entrée illégale de mineurs étranger sur le territoire, intermédiaire en adoption, et escroquerie.
Après la grâce du président Deby, et ma libération le 31 mars 2008, j’ai repris mon activité de médecin de campagne dans mon village qui m’a si bien soutenu.
Concernant les dommages et intérêts dus à ses enfants, aucune partie civile n’est venue me demander de payer quoique ce soit.
En revanche j’ai personnellement écrit au président Deby pour parrainer un de ces enfants jusqu’à sa majorité : sans réponse
Depuis, j’ai officiellement fait le mort, sans doute parce que je l’étais sans doute un peu !!!
Aujourd’hui, j’attends avec sérénité les réquisitions du parquet me concernant, suite à la clôture de l’instruction, le 18 septembre 2009.
En effet, je n’ai été entendu, qu’une seule fois le 27 Novembre 2008.
Pour moi, aucun fait qualifiant ne justifie mon accusation :
- concernant l’aide à l’entrée de mineurs étranger sur le territoire, j’avais pris soin de consulter un conseil juridique qui m’avait assuré de la légalité de l’opération et j’avais mis au courant de mon engagement, lettres recommandées à l’appui, toutes les autorités locales et régionales. Enfin les enfants devaient être présentés devant les autorités à leur arrivée, qui seuls pouvaient leur délivrer l’autorisation d’entrée sur le territoire.
- concernant l’exercice illicite d’intermédiaire en adoption, il n’y a aucun témoignage révélant que j’ai pu mettre en contact une famille avec un de ces enfants
- enfin pour ce qui concerne l’escroquerie, je n’aurai aucun mal à démontrer qu’au contraire d’un enrichissement je me suis endetté dans cette aventure.
Je suis, amer et blessé par la dérive médiatique dont à fait l’objet cette opération.
car aucun journaliste, n’a eu le courage de vérifier la véracité des accusations prononcées.
Personne ne sait, ou ne veut savoir ce que ces enfants sont devenus, ni même si d’autres sont en danger dans cette partie du monde ou l’action humanitaire est de plus en plus difficile.
Philippe